Une vie de nomade

Cela fait quelques jours que j'essaie d'écrire une réflexion sur notre voyage et je me rends compte que ce n'est pas si facile, finalement. Ca va faire bientôt deux mois que nous sommes de retour en Suisse et je n'ai pas encore tout à fait réalisé ce que nous avons vécu ces deux dernières années. Petit retour en arrière. Nous sommes en 2012 et avec Flurina, nous fixons une date de départ. Ce sera juin 2013. Un départ pour ailleurs, pour une année, peut-être plus. Sac à dos, en voilier, en bus VW, en vélo? En Europe, en Asie, en Amérique? Plusieurs projets s’entremêlent dans nos têtes mais la décision est prise, nous partons. De tout le voyage et avec le recul, ce fut certainement la décision la plus difficile à prendre: tout quitter et sortir de sa zone de confort. Une décision que je ne regretterai jamais. Sur ma table de nuit traine un vieux numéro du magazine de voyage «globetrotter». A l'intérieur, un article mentionne l'improbable épopée de 22'000 km à vélo d'un couple allemand. J'ai dû le lire au moins 10 fois. Cet article deviendra rapidement une source d'inspiration pour notre voyage. Le 4 juin 2013, après une dernière semaine de boulot, la remise de l'appartement et un petit apéro en famille en toute simplicité, c'est le grand départ. Allez-simple pour l'Alaska avec deux vélos et quelques sacoches dans la soute. Et surtout, pas mal d'interrogations. Nous ne réalisons pas ce que nous sommes en train d'entreprendre. Ci dessous, extrait de mon livre de route, le 04.06.2013:

04 juin 2013, départ, jour 1. Extrait de mon livre de route (offert le 22.05.13 par Flurina).
04 juin 2013, départ, jour 1. Extrait de mon livre de route (offert le 22.05.13 par Flurina).

 

La suite, vous la connaissez, peut-être. Une succession de kilomètres, d'aventures, d'imprévus. Des rencontres humaines riches, inoubliables. Des moments de joie, des moments magiques, des moments difficiles. Des rires, des pleurs. On me demande parfois quel est mon pays préféré et quels ont été les «highlights» du voyage. Pas facile de répondre. J'ai entre mes mains nos passeports bien remplis avec les tampons des 15 pays traversés pour rejoindre la Patagonie depuis l'Alaska. 15 pays avec des climats, des paysages, et des cultures distinctes. Nous avons, au fil des mois, évité le plus possible la route panaméricaine, celle-ci étant beaucoup trop fréquentée par le trafic local. En quittant l'Equateur dans les Andes, nous avons opté pour des petites routes de montagne isolées. Au Pérou, nous avons donné des coups de pédale à plus de 5000 mètres d'altitude, c'était dingue. Mais plus marquant encore, la vie de ces petits villages de montagne ou les habitants vivent avec un dollar par jour, ou moins. Des conditions de vie très durs, en altitude ou les maisons de terre sans électricité ni eau courante n'offrent aucun confort. Pourtant, nous avons toujours trouvé un endroit où mettre notre tente. Un bout de terre, une ferme, une église, une école... S'il est difficile pour les indigènes de comprendre le sens d'un tel voyage (on nous a souvent demandé pourquoi nous n'avions pas opté pour une voiture!), leurs sens de l'hospitalité de l'accueil et leurs sourires m'ont touché profondément, plus encore que les paysage extraordinaires des Andes. 

Extrait de nos passeports suisses.
Extrait de nos passeports suisses.

Et maintenant?, nous profitons peut-être plus que jamais de passer du temps avec nos amis et nos familles. Nous avons des projets et des idées plein la tête. Et comme la valeur d'une idée réside dans sa mise en oeuvre (T. A. Edison), nous n'avons pas le temps de nous ennuyer. Nous n'allons pas laisser ce site (ni nos lecteurs d'ailleurs) à l'abandon, bien au contraire. Le blog continue, avec un nouvel article tous les 10 jours: le 07, 17 et 27 de chaque mois. Nous avons également programmé deux présentations, le dimanche 15 novembre à Saint-Aubin et le dimanche 22 novembre à Berne. Plus d'infos suivront. Bien à vous, Sam

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